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Le monde perdu...

J'ai choisi ce titre, emprunté à Sir Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes, pour vous raconter le travail accompli par certains des élèves de la classe au cours de ces dernières semaines.

J'ai reçu un jour une photo intrigante ; elle montrait une créature bizarre, peut-être un lézard, dont la position évoquait un dinosaure en pleine course.

Jugez vous-mêmes :


A partir de cette image, j'ai proposé aux élèves qui le souhaitaient d'imaginer une histoire collective. Nous avons échangé des idées, des textes, des corrections, le travail a été scindé entre les différents volontaires.

Nous avons abouti ces derniers jours au texte que je vous propose de découvrir maintenant.

Bonne lecture.


Fin mai, l’année universitaire se terminait ; les étudiants déambulaient dans les couloirs, à la recherche de leur salle d’examen. Le professeur Tologue venait de faire passer un oral de Master II, le dernier de l’année. Le professeur Alain Tologue (attention, Alain, pas Léon !) était enseignant-chercheur à la Faculté de Fairway depuis plus de vingt ans ; être enseignant-chercheur, cela signifie partager son temps entre les cours, qu’il assurait pendant l’année scolaire ; et les voyages-expéditions qu’il proposait chaque année à des groupes de jeunes étudiants, futurs paléontologues.

Le professeur Tologue voyageait beaucoup, et donc, il cherchait dans le monde entier les fossiles qui lui apporteraient la gloire. Mais après quelques premières découvertes en début de carrière, il n’avait plus trouvé de fossiles intéressants depuis une quinzaine d’années. Un moment, il croyait voir un fossile, il était fou de joie. Mais non ce n’était qu’un caillou.

Il ne trouvait rien. Il se décourageait et depuis deux ou trois ans, il commençait à baisser les bras.

Il se disait : « ce métier dont j’ai toujours rêvé n’est pas fait pour moi. Il me faudrait en trouver un autre… Bon : il faut que je pense à ça plus tard. »

En effet, il avait monté cette année encore une expédition en Afrique, dans une région qu’il ne connaissait pas encore bien, au cœur des montagnes désertiques de l’Atlas. Un groupe de jeunes étudiants prometteurs l’accompagnait ; il y avait là Maëlyo, Tristan, Raphaël, Gabrielle, et plusieurs autres jeunes gens qui avaient suivis ses cours cette année et qui lui gardaient toute leur admiration.

Fin juillet…

La recherche avait commencé, sur ce site rocheux, isolé du reste du monde ; mais ils étaient dépités car ils ne faisaient aucune nouvelle découverte. La déception se lisait sur les visages. L’archéologue avait partagé le terrain de recherche et attribué chaque parcelle à un groupe d’étudiants. Les groupes cherchaient, creusaient, fouillaient depuis longtemps mais ne trouvaient que des éléments peu intéressants, quelques fossiles de nautiles, quelques coquillages préhistoriques comme il en existe des milliers d’exemplaires.

Un jour, Tristan et deux amis, Raphaël et Arthur, s'éloignèrent du site de fouille.

Au bout de quelques centaines de mètres, ils virent quelques petits ossements éparpillés, un peu cassés ; intrigués, ils continuèrent leur chemin, afin de découvrir quel animal avait attrapé sa proie ; la curiosité est une qualité essentielle pour faire un bon chercheur… Ils n’imaginaient pas cependant à quel point cette impulsion allait bouleverser leurs vies.

Une demi-heure plus tard, la fatigue se faisait ressentir si bien qu'ils décidèrent de se reposer un moment à l'ombre d'un vieil arbre aperçu à quelques mètres. Ils s’écartèrent du sentier qu’ils avaient suivi jusqu’à présent. En approchant du vieil arbre, les trois amis aperçurent des traces mystérieuses. Elles semblaient se diriger plus loin. Elles ressemblaient à des empreintes, fixées dans une masse rocheuse, mais qui ne correspondaient à aucun animal qu’ils connaissaient. Tristan et ses deux amis se dirent qu'ils devaient se mettre en route rapidement et les suivre, car la nuit allait tomber. La piste qu'ils suivaient s'arrêta au détour d'un virage, leur regard se posa au loin et ils virent une sorte de fissure qui s’ouvrait dans une falaise. Ils s'approchèrent et découvrirent l'entrée d'une caverne.

Après avoir enlevé les ronces, les orties, les plantes carnivores qui cachaient l’entrée, l’équipe d’explorateurs pénétra dans une allée souterraine. Le groupe se trouvait devant une grotte à l’entrée arrondie. Ils avancèrent quelques mètres dans le souterrain. Il était humide et froid. La pente était irrégulière et ils devaient s’appuyer sur les parois souvent à cause du manque de lumière.

Ils décidèrent de rebrousser chemin et de revenir avec l’ensemble du groupe et avec du matériel pour explorer cette grotte ; ils ressentaient une grande excitation devant cette découverte.

Tôt le lendemain, l’équipe au complet était là. Ils entrèrent à nouveau dans le souterrain et suivirent la voie qui s’ouvrait devant eux. Ils devaient souvent se baisser. Ils marchèrent longtemps, suivant un couloir en forte pente puis ils remontèrent 20 mètres et arrivèrent dans une première salle avec d’impressionnantes stalactites et stalagmites.

La grotte était très sombre, des chauves-souris s’envolèrent dans tous les sens lorsque le faisceau des lampes les dérangea dans leur sommeil, ce qui inquiétait les étudiants. A l’autre extrémité de la grotte, plusieurs couloirs semblaient s’ouvrir. Ils craignaient de tomber dans un trou ou de ne plus retrouver leur chemin. Maëlyo se souvint de l’histoire du petit poucet et décida de laisser des cailloux tout le long de leur chemin.

Ils continuèrent de s’enfoncer dans les galeries. Elles se poursuivaient, débouchaient parfois sur des couloirs sans issue ; ils rebroussaient chemin et tentaient une nouvelle voie.

Plus ils avançaient, plus le chemin devenait petit. Mais leur excitation devenait de plus en plus grande. Ils durent ramper parfois, jusqu’à ce qu’ils découvrent un tunnel qui les mena dans une grande salle. De l’eau coulait du plafond et de gigantesques stalactites descendaient vers eux comme de grandes dents de dinosaures. Ça leur donnait des frissons mais ils sentaient qu’ils approchaient du but. Devant eux, cinq nouveaux chemins semblaient descendre dans le ventre de la terre. Ils avaient peur de se perdre et de ne pas retrouver l’air libre. Pour ne pas se perdre, un des explorateurs eut une idée. Il attacha une corde à un gros rocher et la déroula dans un des chemins. Ainsi, l’équipe n’avait plus qu’à suivre la corde pour retrouver la sortie, lorsqu’elle tombait sur une impasse. Les trois premiers chemins étaient fermés par de la terre. Le quatrième débouchait sur une grande étendue d’eau. Ils entendaient des bruits étranges parfois, et au loin, entre deux gros rochers, ils apercevaient comme une lueur mystérieuse.

Enfin, le cinquième chemin les mena jusqu’à une grande salle où, au milieu, trônait un œuf entouré de fleurs. L’œuf semblait éclairé par une lumière qui descendait d’une fissure dans le plafond de la caverne.

Ils marchèrent en direction de la lumière, ils arrivèrent au centre de la salle ; l’œuf semblait les hypnotiser…

La lumière venait directement sur l’œuf. Sur un tas de pierres reposait un nid immense, dans lequel se trouvait l’œuf. Un œuf bleu violet avec des points jaunes. On ne voyait que lui…

Un ami de Tristan dit : « et si on pouvait savoir ce qu’il y a dedans ? »

Tristan se pencha vers l’œuf et répondit :

« Là, regarde ! il y a une ouverture. Vous n’allez pas le croire, il y a quelque chose à l’intérieur ». Il glissa son doigt et toucha.

Le professeur Tologue prit son portable et réalisa plusieurs photos de l’emplacement et de la disposition de l’œuf. Puis, avec l’aide de ses étudiants, ils l’enveloppèrent dans une coque en plâtre, comme ils le faisaient toujours avec les fossiles les plus précieux, afin de pouvoir les déplacer sans les abîmer.

Quelques heures plus tard, toute l’équipe était sortie de la grotte, et de retour au camp.

Le professeur rassembla tout le monde dans son laboratoire et examina la trouvaille. Il appela ses collègues scientifiques, par visioconférence, dans le monde entier : jamais personne n’avait vu ça ! Il y avait un bébé dinosaure à l’intérieur de l’œuf. C’était lui que Tristan avait senti du bout du doigt. Et il restait des bouts de peau sur ce dinosaure, et même de la chair momifiée. C’était une découverte fabuleuse, unique ! Probablement, mais l’enquête scientifique devrait le confirmer, qu’il s’était momifié grâce aux fleurs posées auprès de lui dans la grotte.

Le professeur et son équipe allaient devenir célèbres.

Cléa, journaliste, rencontra Tristan, Raphaël et Arthur, qui avaient trouvé la grotte les premiers, et le professeur, comme responsable de l’expédition, pour leur poser des questions. Le lendemain, ils étaient en photo dans tous les journaux grâce à leur découverte extraordinaire.

La grotte fut interdite au public pour chercher d’autres dinosaures. L’équipe de scientifiques chercha longtemps. Mais rien d’autre ne fut trouvé ! Malgré cela, une porte vers la connaissance avait été ouverte.

Précieusement, la momie dinosaure a été donnée à un musée construit spécialement pour elle dans la ville de Sorbiers. Des milliers de personnes venaient visiter le musée et étaient ébahis par la découverte !

Mais il restait un mystère… comment les fleurs autour de l’œuf étaient-elles restées intactes pendant toutes ces années… ou bien était-ce quelqu’un qui vénérait cet œuf, ou en tout cas venait dans la grotte pour mettre ces fleurs qui ne pouvaient avoir des millions d’années ?




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